Il y a quelques mois, je publiais le premier volet de l’histoire de mes quatre familles: celle de la famille Langlois du côté maternel. Un livre de près de 700 pages en 35 chapitres. Le fruit de près de 4 ans de recherches et d’écriture. Rien de bien particulier en soi puisque de nombreux membres consacrent de façon similaire des années d’efforts pour raconter l’histoire de leurs propres familles.
Question d’encourager d’autres membres à venir publier des extraits de leurs propres écrits – soit dans L’Entraide généalogique ou dans L’Entraide numérique – nous avons publié il y a quelques semaines le chapitre 17 de ce premier tome intitulé »Neuville 2022 » consacré à ma visite il y a trois ans de la terre de mes premiers ancêtres Langlois, située à Neuville près de Québec. Ce qui est particulier avec cette terre familiale c’est qu’elle a été transférée de génération en génération depuis 1667. Une douzaine de générations, sans interruption, de père en fils. Elle appartient toujours à la famille Langlois de nos jours. On peut retourner aux deux volets de cette première série en cliquant ici.
Nous vous présentons maintenant en quatre volets le chapitre 18 qui raconte la vie de ce premier ancêtre, Nicolas Langlois. Ces textes ont récemment été publiés par la revue Le Chemin du Roy de la Société d’histoire de Neuville. L’histoire de Nicolas Langlois représente aussi une portion importante de leur histoire. En fait, la famille Langlois est l’une des quinze familles d’origine qui sont toujours membres de cette communauté plus de 300 ans plus tard, d’une génération à l’autre.
Nous publierons les trois prochains volets de cette deuxième série d’articles au cours des prochains jours.
Temps de lecture estimé – 20 minutes
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1ère partie du chapitre 18 – Notre ancêtre Nicolas Langlois
1 – Introduction
Nicolas Langlois serait né en Normandie vers 1640 à Saint-Pierre d’Yvetot, situé entre Rouen et Le Havre. Aujourd’hui, il s‘agit d’une petite ville d’environ 12 000 habitants. On sait qu’au moment où notre ancêtre décide de faire le grand saut vers l’Amérique vers 1664, Yvetot vient d’être incendié quelques années plus tôt le 20 août 1658. On ne sait pas si ce malheur a eu un impact sur sa décision mais on peut imaginer comment une telle catastrophe peut affecter la vie de toute une population, y compris imaginer d’autres projets d’avenir quand on est obligé de se projeter dans un futur différent qui n’était pas celui que l’on prévoyait. Il reste qu’Yvetot sera ensuite rebâti mais ce sera sans Nicolas Langlois qui décide de refaire sa vie en partant vers la Nouvelle-France. On situe donc son départ alors qu’il avait 24 ans.
Il est possible que cet incendie n’ait rien eu à voir avec son départ car des recherches récentes doutent maintenant qu’il soit effectivement né à Yvetot. Ces recherches n’ont abouti à rien pour l’instant. On s’est mis à douter lorsque des recherches précises n’ont pu trouver la trace de Nicolas Langlois dans les registres publics d’Yvetot de cette époque. On présume maintenant qu’il a pu mentionner Yvetot comme lieu d’origine quand il est arrivé en Nouvelle-France puisque c’était la ville la plus rapprochée d’un plus petit village des environs où il serait effectivement né, un peu comme on dit de nos jours qu’on vient de Montréal quand on vient en réalité de Brossard pour faciliter une conversation quand on parle à un Européen. Après presque quatre siècles maintenant, on ne le saura probablement jamais de façon certaine. À défaut d’avoir pu conclure jusqu’à maintenant sur ces recherches, on peut néanmoins affirmer que Nicolas Langlois est un autre Normand de la région de Rouen parmi nos ancêtres.
2 – Les premières années de Nicolas Langlois en Nouvelle-France
À 24 ans, alors qu’il s’amène vers la ville de Québec, fondée il y a à peine quelques dizaines d’années auparavant, il se dit tisserand de métier. Étant donné une trop faible population à date autour de Québec, il est peu probable qu’il puisse en vivre une fois établi de ce côté-ci de l’Atlantique. Comme bien d’autres à cette époque, c’est un compromis qu’il s’attend probablement à faire, pour le moyen terme du moins.
Comme on l’a vu à quelques reprises déjà dans les précédents chapitres, un nouvel arrivé dans la colonie avait besoin d’un parrain pour venir s’établir. Cet appariement entre parrain et parrainé se faisait souvent sur place une fois arrivé à destination. Le parrainé devait s’engager auprès de son parrain pour une période d’au moins 36 mois en échange d’un emploi et du gîte, ce qui constituait néanmoins un bon point de départ devant toutes les inquiétudes d’un nouvel arrivant dans un monde complètement inconnu et rempli de risques et de dangers.
Dans le cas de Nicolas Langlois, il a été assigné à son parrain nouvellement arrivé aussi. Il s’agit de Anet (ou Annet) Gomin à Québec qui est arrivé comme chirurgien-barbier et qui se disait aussi herboriste. Bien que l’on connaisse bien peu de choses de ce Gomin étant donné son bref passage en Nouvelle-France car il mourra rapidement, on retrouve quand même plusieurs actes légaux le concernant au cours des années 1664 et 1665 dans les archives nationales (BAnQ) ainsi que quelques mentions dans la toponymie régionale de Québec encore visibles de nos jours.
Le 24 mars 1664, on avait attribué à Anet Gomin une terre de 50 arpents située dans ce qui est rattaché au quartier de Sillery dans l’actuelle ville de Québec. Comme herboriste, il comptait utiliser cette terre pour y construire un pavillon qui lui permettrait d’étudier la flore des environs qui comptait à la fois une forêt, une tourbière et des marécages.
L’attribution de cette terre en 1664 coïncide donc avec l’arrivée de Nicolas Langlois à Québec et auprès de son nouveau parrain Anet Gomin. On présume donc que Nicolas Langlois arrive dans la colonie avec comme mission de travailler sur cette nouvelle terre qui reste encore à défricher. Mais cette situation sera de courte durée puisque Gomin est malade. Il décède en février 1665, soit seulement quelques mois plus tard. Dans son testament, Gomin a de bons mots pour son nouveau parrainé et lègue quelques biens ‘’ (…) à Nicolas Langlois, son serviteur domestique, tous ses habits servant à son usage, en considération de ses bons et agréables services.’’
Nicolas Langlois ne peut donc pas terminer son engagement de trois ans chez son parrain et se voit forcé d’en trouver un nouveau. C’est ainsi qu’on le retrouve chez le Sieur Louis Rouer de Villeray selon le recensement de 1666, le premier recensement effectué à date dans la colonie.
Qui est Sieur Louis Rouer de Villeray? Je n’en savais rien avant de commencer ce chapitre mais je suis intrigué quand je vois sa fiche généalogique dans les bases de données qui souligne ce lien entre Nicolas Langlois et de Villeray. J’effectue donc une petite recherche dans le Dictionnaire bibliographique du Canada pour découvrir que de Villeray y a une biographie qui s’étend sur environ huit pages et qui nous décrit avec détails le parcours et l’influence de ce notable au début de la colonie.
Il serait trop long ici de dresser la liste de tous les rôles que de Villeray a remplis au fil des années jusqu’à sa mort en décembre 1700 mais il semble être souvent au bon endroit au bon moment et au centre de bien des décisions et autres péripéties de la vie administrative et judiciaire du temps.
Il est arrivé en Nouvelle-France comme soldat vers 1650 et il a joué divers rôles, souvent liés au domaine légal comme greffier et notaire, de sorte qu’il était un candidat idéal pour des postes d’administrateur hautement placés dans la structure embryonnaire du pouvoir local. Par exemple, de Villeray fut d’abord homme de confiance de Pierre Boucher lors d’un séjour à Trois-Rivières au début des années 1650. Il fut ensuite le secrétaire de Jean-de-Lauzon (Lauson), qui a été gouverneur de la Nouvelle-France de 1651 à 1657, et sera ensuite confirmé dans ce rôle lorsque son fils lui succédera. On le verra par la suite membre du premier Conseil de la colonie et puis premier conseiller au Conseil souverain.
En 1663, lorsque Monseigneur Montmorency-Laval, qui agit comme gouverneur provisoire, et Charles-Augustin de Saffray qui sera officiellement nommé Gouverneur de la Nouvelle-France quelques semaines plus tard, doivent nommer les membres du Conseil souverain, c’est de Villeray qui fut le premier nommé. Il jouera donc un rôle important dans le cercle proche du pouvoir dans les années suivantes, plus particulièrement ‘’dans les affaires judiciaires et administratives’’ de la colonie. C’est ainsi qu’on le voit associé à des décisions impliquant des personnages célèbres de notre histoire comme l’Intendant Talon et Frontenac. Je m’arrête ici d’énumérer les postes et les rôles qu’il aurait occupés car on s’y perd rapidement. Pour vous aider un peu, on peut se référer au chapitre 12 pour revoir la structure du pouvoir au début de la colonie.
En guise de sommaire, de Villeray était le portrait-type d’un bon administrateur pour exécuter les décisions des hauts dirigeants de la colonie. Il y a même dans sa biographie un lien entre Villeray et… Jean Bourdon qui sera un personnage important pour la suite des choses pour notre Nicolas Langlois. Ces deux personnages se connaissaient donc. Ils étaient influents tous les deux durant les mêmes années dans ce très petit monde de la Nouvelle-France de l’époque. Ils ont été deux maillons importants dans la chaîne des événements qui ont facilité l’émergence de la prochaine étape de la vie de Nicolas Langlois.
Il n’est d’ailleurs pas établi comment notre Nicolas Langlois a rencontré Villeray autour de 1665 mais c’est auprès de lui qu’il terminera son engagement de trois ans et ce sera en tant que domestique de Villeray.
Au printemps de 1667, au terme de ce qui semble être la fin de son engagement de trois ans, Nicolas Langlois se retrouve donc à Neuville auprès de Jean Bourdon, à quelques dizaines de kilomètres de Québec dans, ce qui était appelé à ce moment, la ‘’Seigneurie de Dombourg dit La Pointe-aux-Trembles’’, nommée ainsi en utilisant l’anagramme du nom de son propriétaire, le même Seigneur Jean Bourdon. Nous avons parlé de Jean Bourdon à quelques reprises dans les chapitres précédents, surtout quand nous avons rapidement couvert la vie de Robert Giffard à Beauport. Il s’agit du même personnage.
Jean Bourdon lui offre donc de s’établir dans sa Seigneurie en lui octroyant une terre de quarante arpents de profondeur et deux arpents de large qui donne sur le fleuve Saint-Laurent. Nous sommes le 20 mars 1667 lorsque la terre lui est octroyée, la même année où l’on voit naître le petit village de Neuville.
C’est cette même parcelle de terre qui est encore de nos jours entre les mains des descendants de notre premier ancêtre Nicolas Langlois, à la suite d’une série de donations de génération en génération jusqu’au 21e siècle, comme je l’ai déjà décrit au cours du chapitre 17 – Neuville 2022.
3 – De la Seigneurie de Dombourg à la Seigneurie de Neuville
On a déjà vu que la Seigneurie de Dombourg où Nicolas Langlois et sa famille passeront leur vie avait été créée en 1653 par Jean de Lauzon – encore lui – et octroyée à Jean Bourdon, arpenteur de métier, qui avait travaillé avec Robert Giffard à tester l’organisation du territoire en utilisant le concept des seigneuries. La Seigneurie de Beauport dont Robert Giffard avait été le ‘’propriétaire’’ avait ainsi servi de ‘’laboratoire’’ pour tester ce concept qui deviendra le mode opératoire de la Nouvelle-France pendant les deux siècles qui suivront. Le lecteur pourra se référer au chapitre 12 pour plus de détails.
Jean Bourdon était un personnage important des débuts de la colonie. Non seulement l’histoire le reconnaît d’abord comme arpenteur à cause de l’impact de son rôle dans ce concept mais il était aussi cartographe, commerçant, homme politique, avocat et explorateur sans compter les rôles qu’on lui a décernés dans la colonie comme procureur-syndic de la ville de Québec, commis général de la communauté des Habitants et procureur du Roi au Conseil Souverain. Beaucoup de chapeaux pour un seul homme.

Jean Bourdon
L’octroi d’une Seigneurie était un privilège prisé dans les balbutiements de la colonie et les heureux bénéficiaires étaient généralement bien placés. Si une telle conclusion s’applique dans ce cas particulier, notre Jean Bourdon était sans aucun doute très bien placé. Les Seigneuries pleuvaient autour de lui. On dit que six Seigneuries lui ont été octroyées au total. On lui octroie la Seigneurie de la Rivière au Griffon dès 1636 ainsi que le fief Saint-François. En 1637, il reçoit la Seigneurie d’Autray dans la région de Lanaudière, et se fait aussi concéder une terre sur le coteau Sainte-Geneviève à Québec et quelques années plus tard, il reçoit la nouvelle Seigneurie de La Malbaie en 1653, la même année où il reçoit celle de Dombourg. Le même jour où on lui octroie la Seigneurie de Dombourg, il demande qu’on la réserve à son fils Jean-François… qui n’a pas encore 7 ans, étant né le 2 février 1647. On ne sera donc pas trop surpris d’apprendre que Bourdon n’avait guère de temps pour développer toutes ces Seigneuries avec toutes ses autres occupations.

Véritable plan de Québec en 1663, dessiné par Jean Bourdon. Source : Wikipédia.
La femme de Jean Bourdon, Jacqueline Potel, va mourir l’année suivante en 1654 des suites d’un accident. Ensuite, il épousera rapidement Anne Gasnier (on voit aussi Gagné selon certaines sources), le 21 août 1655. Le mariage aurait eu lieu dans la maison même du Gouverneur de la Nouvelle-France, ce qui témoigne certainement du statut qu’ils avaient dans la société de l’époque. Cette dernière a aussi laissé sa marque dans la colonie. Lors de mes recherches sur les Filles du Roy – voir les chapitres 10 et 11 – ce nom revenait régulièrement. Anne Gasnier était venue en Nouvelle-France et apparaît un peu comme la coordonnatrice entre la France et la Nouvelle-France pour le programme des Filles du Roy, d’abord au niveau de leur recrutement en France et ensuite pour leur prise en charge lorsqu’elles arrivaient à Québec. Ce couple en menait donc très large au moment de l’arrivée de Nicolas Langlois dans cette Seigneurie.

Plan de Québec et des fortifications à construire, dessiné par Jean Bourdon – 1664. Source : Wikipédia.
On disait d’Anne Gasnier qu’elle avait une vocation reconnue pour s’occuper des ‘’miséreux’’. Les Filles du Roy était l’une de ses causes. Les mauvaises langues disent même que Jean Bourdon en était une autre. Elle aurait eu ‘’pitié’’ de ce nouveau veuf qui se retrouvait soudainement avec sept enfants mineurs sur les bras à la mort de sa première épouse dont quatre filles, qui d’ailleurs deviendront toutes religieuses. Elle aurait accepté de marier Jean Bourdon pour s’occuper d’eux… en autant qu’ils vivent comme ‘’frère et sœur’’. Je n’ai pas pu corroborer cette version avec une deuxième source. On ne saura donc pas la part de vérité de cette version de l’histoire concernant les motivations du mariage. Cependant, une chose est établie : il n’y aura pas de nouveaux enfants qui sortiront de cette nouvelle union. Au moment du mariage, il avait 54 ans alors qu’Anne Gasnier en avait 41.
Jean Bourdon commencera à octroyer ses premières terres en 1667 dans la Seigneurie Dombourg. Notre Nicolas Langlois sera l’un des premiers élus quand il recevra sa propre parcelle de terre, le 20 mars 1667. Malheureusement, Jean Bourdon va mourir rapidement, soit le 12 janvier 1668. Il souffrait de la goutte, une maladie du sang, qui le minait depuis 1663.
Quelques années plus tard, en 1680, la Seigneurie sera vendue à Nicolas Dupont de Neuville qui lui donnera aussitôt son nom pour devenir la Seigneurie de Neuville. C’est donc dire que l’on parle de la même Seigneurie lorsqu’on entend Seigneurie de Dombourg ou celle de Neuville. La Seigneurie de Dombourg a donc cessé d’exister officiellement sous ce nom en 1680.
Mes recherches ont également permis de reconstituer l’environnement autour de Neuville au moment de l’arrivée de Nicolas Langlois dans la Seigneurie de Dombourg. En date de 1670, il y avait 27 seigneuries déjà en opération dans la région immédiate de Québec, soit exactement 20 sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent et 7 sur la rive sud. La plus ancienne d’entre toutes était celle des Récollets, créée en 1615 par la Roi Louis XIII. Puisque c’était la première au tout début de la colonie, ses frontières sont restées imprécises bien que l’on sache qu’elle était située à l’intérieur de ce qui est aujourd’hui la ville de Québec.
La carte à la prochaine page nous permet de mieux visualiser l’organisation du territoire de cette époque. La Seigneurie de Dombourg peut être localisée au numéro 43 au nord du fleuve.
En date de 1670, elle était déjà entourée par la Seigneurie de Bélair (42) et celle d’Auteuil (41) sur la gauche en direction de Trois-Rivières, alors que la Seigneurie de Maur (45) est sa voisine de l’autre côté en direction de Québec. Les Seigneuries de Bourg-Louis (44) et de Fossambault (48) ne seront créées que beaucoup plus tard, soit en 1741 et en 1693 respectivement.
De l’autre côté du fleuve sur la rive sud, la Seigneurie de Lauzon (108) avait été créée dès 1636 mais le développement du côté gauche et du côté droit était toujours plus clairsemé autour de 1670. Juste en face de la Seigneurie de Dombourg (43), la Seigneurie de Tilly (106) et celle de Bonsecours (103) seront bientôt créées en 1672 alors que celle de Legardeur-Belle-Plaine (104), qui fait directement face à la terre de Nicolas Langlois, ne sera créée que beaucoup plus tard, soit en 1737.

Carte de la région de Québec au temps des Seigneuries. Source : Wikipédia.
Ndlr: La suite sera publiée lors du prochain article ce jeudi.
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